jeudi, novembre 09, 2006

"PEEP-HOLE-ISATION" ET INTERNET - 1ère PARTIE

Je reviens à présent sur la troisième assertion du phénomène de « peep-hole-isation ». Cette assertion est la suivante : « Le citoyen investit le débat politique en s’appropriant les outils de communication – et ainsi délaisse les vecteurs traditionnels – substituant son intérêt particulier aux intérêts de la nation ».

Il est évident aujourd’hui que le vecteur par lequel le citoyen spectateur/électeur s’approprie les outils de communication au regard des présidentielles est principalement le blog. Les blogs politiques sont nombreux sur la toile. J’observe que la catégorie des blogs politiques regroupe, outre les blogs des candidats (ou aspirants candidats) à la présidentielle 2007, les blogs qui commentent l’actualité politique française.

Ainsi, cette catégorie n’est pas homogène. En effet, alors que le blog du spectateur/électeur contribue à véhiculer les opinions de ce dernier vers les politiques en évitant qu’elles ne soient formatées par les médias traditionnels, le blog des politiques permet de communiquer, a priori dénué de tout artifice nécessaire pour capter l’attention des médias traditionnels, individuellement avec son auditoire. C’est bien ici que réside la différence entre la communication par les médias traditionnels et celle par voie de blog. Les médias traditionnels sont des moyens de communication de masse à sens unique. Le politique (l’émetteur) avec une bonne dose de séduction martèle un discours pour lequel il n’espère pas de réponse immédiate. Les nouveaux vecteurs de communications tel que le blog, rendent possible, au contraire, une véritable discussion. Alors le politique devient tantôt émetteur, tantôt récepteur, ce qui contribue (enfin oserai-je dire ?) à un rapprochement entre sa vision politique et ses effets sur la société, et donc sur chaque individu.

Mais l’on comprend bien, également, qu’en raison de cette relation directe avec chaque citoyen participant à ce débat, se profile à l’horizon un débat modifié par les aspirations de chaque citoyen. La raison est simple : quand bien même un candidat obtiendrait la majorité des suffrages, les motivations ayant conduit à une telle majorité diffèrent d’un électeur à un autre. Ce qui signifie, en d’autres termes, que de la diversité des motivations de chaque électeur peuvent naître une multitude de candidatures. Certes ces candidatures prises individuellement n’exprimeront pas la majorité des suffrages, toutefois, prises dans leur ensemble elles représenteront certainement la majorité de ces suffrages. Je m’explique.

Je lisais cet été un ouvrage de Chris Anderson ayant pour titre « The Long Tail ». Dans cette ouvrage, l’auteur analyse les bouleversements dans l’industrie des divertissements qui résultent de la démocratisation des procédés de production (ordinateurs, imprimantes) et de distribution (internet, numérisation …). Le postulat énoncé par l’auteur est simple : plus l’offre de biens de consommation relatifs à l’industrie des divertissements est développée, plus elle rencontre un public et ce en raison de la démocratisation des moyens de distribution de ces biens et de la variété des besoins des consommateurs.

L’exemple le plus classique de cette théorie est celui des fournisseurs de musiques en ligne. Tout d’abord, il faut noter qu’en raison du processus de numérisation de la musique, les capacités de stockage de ces musiques sont illimitées lorsqu’on les compare à celles des magasins géographiquement localisés (« brick and mortar stores »). Dès lors, l’offre de biens par un fournisseur en ligne est supérieure à celle d’une enseigne ayant un local physique. Ensuite, puisque l’offre est supérieure, elle est de fait plus diversifiée. C’est ici d’ailleurs que repose la clé de voûte de cette théorie. Prenons Virgin ou la Fnac par exemple. Leurs magasins géographiquement localisés proposerons toujours en grande quantité les hits du moments. La raison est simple, les titres qui sont diffusés en boucle sur les ondes sont ceux vers lesquels une grande majorité du public se tourne naturellement. De fait, ces hits et particulièrement les artistes auteurs et/ou compositeurs et/ou interprètes de ces hits contribuent en grande partie au chiffre d’affaires des majors. Cependant, à côté de ces hits demeurent des milliers d’œuvres musicales variées qui ne sont certes pas référencées dans les magasins des enseignes visées plus haut mais qui pourtant ont un public. La théorie du « Long Tail » énonce que ces œuvres musicales non référencées en magasins mais sur Internet génèrent une demande substantielle. La demande pour l’ensemble de ces œuvres est supérieure à celle pour les hits. D’où la conclusion selon laquelle l’offre diversifiée d’un produit crée sa propre demande. C’est l’économie de l’abondance.

Ceci étant dit, quel est le rapport avec les présidentielles de 2007 ?

lundi, novembre 06, 2006

"TIENS TA FEMME" ET "SEXY M.F."

L’album de Joey Starr – « Gare au Jaguarr » dans son ancienne version – n’est plus dans les bacs depuis ce jour et ce en raison du fait qu’il n’aurait pas été autorisé à emprunter et à s’inspirer de la chanson de Brassens « Gare au Gorille ».

Ce qui amène mon post n’est bien évidemment pas de revenir sur le retrait de cet album des bacs mais bien plutôt de m’interroger sur l’auto-censure qui a précédé la sortie de cet album.

En effet, Joey Starr avait enregistré un rap intitulé « Tiens ta femme » avant de décider – ou plutôt d’avoir été fortement inspiré par sa maison de disque – de ne pas l’inclure dans l’album. Ce rap étant un message destiné à N. Sarkozy – candidat aux présidentielles 2007, actuel Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP, … -- il a donc été décidé de ne pas faire de vagues (même si ce titre circule largement sur le net). Ce qui m’amène à m’interroger sur l’utilisation de la musique pour critiquer les politiques ?

Faut-il censurer la critique explicite de Joey Starr à l’encontre d’un politique ? Ou bien fallait-il obliger le rédacteur en chef de « Dimanche + » (Emission politique diffusée en clair le Dimanche après-midi sur Canal + et présentée par Laurence Ferrari) à modifier la musique accompagnant le reportage relatif à N. Sarkozy ? En effet, à la fin de ce reportage N. Sarkozy dédicace son ouvrage avec pour musique de fond la célèbre chanson de Prince « Sexy M.F » ? Cette chanson avait été coupée juste au moment où Prince après un jeu de batterie dit « You’re Sexy M.F. ». Je rappellerai juste que M.F. sont les initiales de Mother F***er !

Quel était le message véhiculé par la rédaction de « Dimanche + » ? « Sexy » ou « M.F. », ou bien les deux ?

samedi, octobre 28, 2006

PEEP-HOLE-ISATION ET EDUCATION

C’est maintenant le tour de Dominique de Villepin de se soucier de la transparence des institutions de notre République. Monsieur de Villepin regretterait « l’ignorance de la vie des élus et du fonctionnement des institutions » par les citoyens. C’est donc la raison pour laquelle il aurait suggéré la retransmission télévisée du Conseil des ministres.

La télévision serait donc le moyen idéal pour remédier à l’ignorance de la population française quant à ce qui est évoqué plus haut.

Par cette note je veux exprimer tout mon soutien à la mesure envisagée par Monsieur de Villepin. C’est vrai qu’une partie de notre population (large ou restreinte ?) méconnait la vie des élus ainsi que le fonctionnement des institutions. Et donc quoi de plus normal que de remédier à cette ignorance par la diffusion télévisée du Conseil des ministres. Après tout, en ce qui me concerne, j’ignorais les difficultés des apprentis-artistes avant de regarder la Star Academy. Grâce à ce programme hautement éducatif, j’ai réalisé combien il était dur pour un apprenti-artiste d’écouter les commentaires hautement qualifiés de Raphie ! J’ignorais également que vivre à plusieurs dans un château peut être parfois difficile surtout lorsque l’un d’entre eux ne reçoit pas de lettres de ses parents alors que d’autres en reçoivent au moins dix par jour !

J’arrête ici cette plaisanterie (mon post ou bien la déclaration de Monsieur de Villepin ? – vous avez certainement deviné). Monsieur de Villepin permettez-moi de vous rappeler qu’il existe à priori dans le système éducatif français des cours d’instructions civiques. Que ces cours devraient pallier à l’ignorance dont vous faites mention tant à l’endroit des écoliers que des collégiens et des lycéens. Par conséquent, il n’est point besoin de procéder aux diffusions que vous préconiser. D’autant que je doute qu’un citoyen n’ayant pas un minimum d’instruction civique puisse véritablement comprendre ce dont il sera question lors de la retransmission d’un Conseil des ministres.

Si l’objet de votre proposition est de faire un peu de « politique spectacle », de grâce ! confiez ce travail à des professionnels. Je suis persuadé que les rédactions des nombreuses chaînes de télévisions françaises regorgent de projets qui ont pour but de passer une journée dans la vie d’un élu. En laissant faire ces professionnels, vous contribuerez certainement à augmenter l’audience de ces chaînes et par voie de conséquences permettre la vente d’espaces publicitaires et ainsi contribuerez à leur essor économique !

Plus je repense à cette mesure, plus je m’aperçois que le poste de télévision autrefois considéré comme une fenêtre vide contribuant à abêtir nos enfants, devient aujourd’hui le moyen d’éducation le plus prisé. Toutefois, ce que je crains c’est que l’afflux d’images ne permette pas à nos concitoyens de comprendre ce que sont nos institutions. Au contraire, cela ne peut qu’aider les politiques à séduire ceux de nos concitoyens qui sont réticents à lire des ouvrages pédagogiques sur le fonctionnement de nos institutions. Le but, en effet, ne sera pas d’éduquer mais de divertir.

A ce propos, la retransmission des débats parlementaires a-t-elle permis à nos concitoyens de mieux connaître le fonctionnement de nos institutions ainsi que la vie de ces élus ? Quelques indices pour une juste réponse : députés endormis, querelle de députés se comportant comme des enfants dans une cour d’école, un président perché qui rappelle à l’ordre les députés chahutant pendant que leur camarade s’exprime face à la tribune.

vendredi, octobre 27, 2006

SEGOLENE ROYAL ET LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE POUSSEE A SON EXTREME

Comme tout électeur, je compile les réactions des politiques concernant la proposition de Ségolène Royal de « Jurys citoyens ». Poussant sa logique à l’extrême, Madame Royal souhaite que la politique des élus locaux soit évaluée par les citoyens à l’endroit desquels cette politique s’applique.

Force est de constater qu’il ne se passe pas un jour où Madame Royal et/ou Monsieur Sarkozy – les candidats médiatiques emblématiques du syndrome de « peep-hole-isation » -- ne dévoilent aux citoyens et aux médias une idée qui se veut être en rupture avec un système qui selon eux à trop duré.

Nous sommes dans la logique des tabloïds anglo-saxons, logique reprise à son compte par la presse « people » française. Si l’on en croit un article du Figaro datant d’il y a quelques semaines, ce type de presse n’est pas touchée par la désaffection de son lectorat contrairement à une la presse écrite en général qui connait une grande migration de son lectorat vers les journaux gratuits.

Mon analyse sera certainement simpliste, mais je crois que la migration des lecteurs vers les gratuits et son engouement pour la presse people, se caractérise par un nouveau mode de consommation de l’information (et c’est sciemment que j’utilise le mot « consommation »).

Nous ne sommes plus à l’air de l’information, c’est-à-dire à l’air où il fallait être initié (journaliste ??) pour bénéficier en premier de l’information et ensuite la restituer (tant bien que mal) à un public. Avec les moyens de communications de plus en plus performants, l’information est accessible à qui veut et de surcroit en nombre. La démocratisation des moyens de production (ordinateur, internet, …) permet à quiconque de véhiculer une information, un évènement qui se serait déroulé n’importe où dans le monde. Le citoyen X, passionné de tel ou tel sujet, analysera ces sujets avec autant d’appoint et de professionnalisme que n’importe quel individu disposant d’une carte de presse. Soyons réalistes, combien de nos quotidiens nationaux nous livrent un article qui n’est que le résumé d’un article publié dans un autre quotidiens en langue anglaise par exemple ?

Alors pourrait-on rétorquer, que dire des commentaires et des analyses de ces quotidiens relatifs aux sujets d’actualité ? Ne sont-ce pas ces commentaires et analyses qui constituent la valeur ajoutée des quotidiens ? Force est de constater que la situation actuelle ne permet d’apporter qu’une réponse négative. La raison étant que les témoignages et les discours d’experts ont substitué le commentaire du journaliste. D’où l’intérêt prononcé pour journaux en lignes qui permettent d’introduire des segments multimédias – segments qui permettent de consommer l’information autrement. Toutefois ce traitement nouveau de l’information n’est consommé que s’il est recommandé.

Nous ne sommes plus à l’air de l’information – je le répète – mais à l’air de la recommandation. Car c’est de cette façon que l’information circule sur les nouveaux modes de communications. Lorsque nous portons notre attention sur les journaux en ligne des grands quotidiens, ils les invitent internautes à recommander un article puis établissent une liste des 10 articles les plus recommandés. Puisqu’il y a abondance d’information alors il faut trier celle qui en vaut la peine de celle qui n’en vaut pas la peine. Le système de recommandation permet un tel tri. C’est le hit-parade de l’actualité. Hit-parade sur lequel se porte l’attention de la majorité.

Je ferme cette parenthèse pour en revenir aux méthodes d’action de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy qui sont, comme je le disais précédemment, similaires aux méthodes utilisées par la presse people. L’objectif est non pas de développer la mesure qui se veut en rupture avec un système existant. Non ! L’objectif est de choisir avec soin les mots qui désigneront cette mesure, qui n’est, en réalité, en rupture avec quoique ce soit. C’est le système de la légende sous la photo. Prise seule, la photo peut faire référence de plusieurs situations. Toutefois, accompagnée d’une légende savamment écrite, cette photo ne laisse entrevoir que ce que l’éditeur souhaite véhiculer.

Lorsque Madame Royal se prononce pour l’instauration de « Jurys citoyens » pour juger la politique des élus locaux, l’image est celle de citoyens sanctionnant des élus pour leur politique. N’est-ce pas ce qui est aujourd’hui ? Que faisons-nous du suffrage universel direct ? Du vote sanction ? Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que des citoyens jugent la politique de leur élus. En revanche, lorsque Madame Royal accompagne ce concept avec une légende qui indiquerait que le jury de citoyens siègerait avec les élus, alors cette légende insinue que le citoyen doit être un dispositif anti-fugue que l’on placerait sur la cheville droite du politicien ancien détenu. C’est une présomption de corruption que l’on fait peser sur nos politiques ! Et cette présomption ne contribue pas à l’amélioration de la confiance des citoyens en leurs politiques !

Diable ! Si le citoyen est tant suspicieux envers ses élus locaux, on ne peut que l’encourager à prendre une part active à la vie de la cité ! Que ce soit par une participation active au sein d’associations, en participant aux réunions de restitutions organisées par certains élus locaux ou encore en se soumettant au vote du peuple et ainsi exercer des fonctions politiques ! A moins, une fois encore que la légende veuille que de la participation aux affaires de la cité en tant qu’élu, il ne peut en résulter que corruption ? Si c’est vraiment le cas Madame Royal, quels sont les cadavres qui peuplent votre armoire ?

Manifestement, les techniques empruntées aux médias (tabloïds ou encore interactivité du public dans les émissions télévisées ou radiophoniques) sont dangereuses pour la vie politique française !

vendredi, septembre 29, 2006

MICHEL ROCARD DANS LA MATINALE SUR CANAL PLUS OU LA RECONNAISSANCE IMPLICITE DU PHENOMENE "PEEP-HOLE-ISATION" & PRESIDENTIELLES 2007

Michel Rocard était l’invité de la Matinale sur Canal + ce vendredi 29 septembre à 7 heures 40. Interrogé sur le retrait de Lionel Jospin de la course à la candidature socialiste Michel Rocard s’en est pris aux médias disant que « Les médias tuent tout ce qu’ils touchent ». Il a souligné que de la même manière que les médias fabriquent des artistes chanteurs et les achèvent, ils broient des politiques. La conséquence technique de l’emprise des médias sur le débat politique pour les présidentielles 2007, toujours selon M. Rocard, serait de transformer la campagne d’un sprint – puisqu’elle ne dure officiellement que 2 mois à partir de février 2007 – à un marathon – en raison de la durée excessive qu’occupe officieusement cette campagne dans les médias.

Les propos de Michel Rocard sont certes durs à l’endroit des médias, mais ils traduisent parfaitement le phénomène de « PEEP-HOLE-ISATION » et particulièrement la façon dont les médias transforment le débat politique. Rebondissant sur une comparaison qui est en vogue en ce mois de rentrée audiovisuelle, la « PEEP-HOLE-ISATION » entraîne une sorte de « STAR-ACADEMISATION » des présidentielles 2007. Le spectateur/électeur doit désigner un candidat sur la base d’un choix préalablement établi par les médias.

Serait-ce une exagération de ma part ? Je ne crois pas. La presse écrite nous bombarde d'articles et de photos sur le duel Sarkozy/Royal. Les journaux télévisés s’y attardent également avec délectation. Les librairies pullulent d’ouvrages consacrés à Ségolène Royal, débouchant sur un duel avec les fameux témoignages de Nicolas Sarkozy (ouvrage sur lequel je reviendrai). Le voyage au Sénégal de Sarkozy et Royal s’est transformé en Paris-Dakar (A ce demander ce que le Sénégal a de si magique !) Jean-Jacques Bourdin – qui anime l’émission Bourdin & Co sur RMC Info – posait déjà, il y a six mois, ce débat comme question fil rouge de son émission. Les mots résonnent encore dans mon esprit : « SARKO ou SEGO, pour SARKO tapez RMC 1 et pour SEGO tapez RMC 2 et envoyez au 3216 » ! Etrange, non ! Toute ressemblance avec une émission télévisée diffusée sur TF1 quotidiennement aux alentours de 18 heures 30 et également diffusée en prime time une fois par semaine le vendredi à 20 heures 50, serait-elle purement fortuite ?

jeudi, septembre 28, 2006

FICTION TV ET "PEEP-HOLE-ISATION"

France 2, mercredi 27 septembre, 20 H 50 : « L’Etat de Grace ».

Pure coïncidence -- au regard des circonstances actuelles -- cette fiction relate les vicissitudes d’une femme Président de la République.

Verdict : un programme sans intérêt qui ne frôle pas, mais baigne dans la caricature et le ridicule – particulièrement du fait de la musique lors de presque toutes les scènes, qui nous rappelle la légèreté du programme. Au menu : tribulation du couple, grossesse et travail, surexposition médiatique, … et surtout une femme tellement sensible et si peu sûre d’elle, qu’elle s’épanche sur la première épaule masculine près d’elle !

Questions : Dois-je blâmer les producteurs et scénaristes pour la pauvreté de ce programme ? Ou bien dois-je croire que la comédie est le seul registre adéquat pour dépeindre une femme sous les traits du Président de la République Française?

mardi, septembre 26, 2006

DEBATS TELEVISES POUR OPPOSER LES CANDIDATS SOCIALISTES A LA CANDIDATURE

Le bureau national du parti socialiste vient d’adopter, ce jour, une « charte d’organisation du débat interne » qui doit « garantir l’égalité entre les différent(e)s candidat(e)s, l’ équité dans l’accès aux moyens logistiques, assurer la transparence des prises de décisions collectives, le respect pour chacun des candidats et la sérénité du débat ».

Entre autre, la charte prévoit l’organisation de « trois débats télévisés retransmis en direct par des chaînes parlementaires ».

Le mot est lâché : « débats télévisés ». Le PS aura donc recours à un moyen de communication de masse pour l’organisation de son débat interne. N’existe-t-il pas une contradiction entre débat interne et télévision ? Sauf à considérer que les téléspectateurs seront tous des adhérents au PS ( ?!?!?). En effet, in fine, les adhérents, uniquement, voteront pour le (ou la) candidat(e) socialiste pour les présidentielles 2007. Alors pourquoi un débat télévisé ? D’autant que la proposition de France Télévisions faite au début du mois pour un tel débat télévisé, avait reçu un accueil réservé du parti socialiste. Serait-ce l’aveu que les candidat(e)s n’ont pu débattre avec les adhérents équitablement ? Que le débat au sein du parti a été fossé du fait de l’engouement des médias pour certain(e)s candidat(e)s ?

A n’en pas douter l’objectif d’une telle charte, comme indiqué plus haut, incite à conclure par l’affirmative. Alors comment remédier aux travers créés par les médias ? En organisant des débats télévisés. C’est bien connu, il faut combattre le mal par le mal ! Non, soyons sérieux, j’exagère et suis de mauvaise foi ! En réalité, il est évident, que des débats au cours desquels les candidats exposeront leurs idées dans un temps limité et répondront aux questions des militants – et donc strictement encadrés – devraient garantir un certain degré d’impartialité.

Mais alors pourquoi, le PS a-t-il recours à la retransmission des débats à la télévision ? (Car l’organisation du débat, i.e. temps imparti et question des militants, garantit à elle seule un degré certain d’impartialité.) La réponse est simple : la télévision permettra à l’ensemble des adhérents au PS d’avoir accès, en temps réel, au discours de chacun des candidat(e)s. Elle est donc indispensable au débat politique – ce qui est évident et que je ne conteste pas – lorsqu’elle est entendue comme la mise à disposition de moyens techniques permettant la (re)transmission de l’information. Cependant, elle dévie de cet objectif lorsque les politiques éditoriales des chaînes formatent le discours politique.

Donc quoi de plus normal, que le débat interne du PS soit retransmis sur des chaînes parlementaires et non pas une chaîne généraliste.